Organisation d'un défi
Un coup de fil de Paris. Ceux sont quatre amis en manque de sensation. Une idée originale : une traversée de l'atlantique en bateau, rude et sportive.
Leur challenge est entre mes mains : il me faut trouver le bateau, entraîner l'équipage qui partira seul, choisir le parcours, déterminer la meilleure fenêtre météo pour leur départ. Mon esprit d'aventurier relève bien sûr le défi de l'organisation de cet événement hors norme. Tout est à créer. Trouver le bateau me prend 1 mois et demi : prendre des contacts, parcourir les ports, trouver le bateau qui correspond à leur demande. Mon choix s'arrête sur la location du bateau de Marc Thiercelin, l'ex PROFORM (60 pieds IMOCA, 2 vendées globe à son palmarès). Les séances d'entraînements commencent dès décembre et pendant 2 mois les week end, entre aller retour Paris en TGV et virements de bord au large de Lorient, le temps pour eux de prendre le bateau en main.
De mon côté, je m'active à une étude météo complète. Le parcours le plus judicieux s'avère être, grâce aux alizés, un départ des îles du Cap Vert au large du Sénégal pour une arrivée en Martinique. Le rendez vous est pris avec les marins, ils s'élanceront mi février. Je m'engage à convoyer Proform jusqu'au Cap Vert et à les faire naviguer une dernière fois avant le jour J.
C'est donc fin janvier que j'appareille de Lorient dans une météo de saison, avec des vents contraires, le passage de trois dépressions et des creux de dix mètres qui me suivent jusqu'au sud des Canaries. Le convoyage dure 11 jours pour se terminer par quarante noeuds de vent dans la baie de Mindelo, sur l'île de Sao Vincente où m'attendent les futurs aventuriers. Derniers conseils, dernières recommandations, et le 11 février Proform quitte le Cap Vert avec ses hommes d'équipage, les visages graves. J'ai compté pour eux quatre 12 jours de vivres que j'aie pris soin de préparer en France. Les dés sont jetés !
De mon côté je regagne rapidement mon bureau à Lorient pour effectuer leur routage météo et le suivit de leur traversée. L'alizé est bien installé, et c'est en seulement onze jours que Proform distingue les côtes martiniquaises. Je suis déjà sur place, et j'attrape les aussières sur le ponton de la marina du Marin à leur arrivée pour de chaleureuses retrouvailles avec l'équipage, tous ravis de leur périple. Il me faut maintenant ramener le bateau en métropole. Une traversée dans l'atlantique nord en hiver n'est jamais facile. Le premier coup de vent au niveau des Bermudes, le deuxième aux Acores me pousse rapidement vers la Bretagne. Je croise deux concurrents du Vendée Globe qui font route vers les sables. 15 jours de mer puis les pontons de la Base des Sous Marins à Lorient. Une belle aventure qui se termine, pour eux, pour moi.
Date : 16/03/2009
